Ch’Ti Roller 2011 – Récit d’une course ratée

Les patineurs attendent de se placer sur la ligne de départ à LilleHier a eu lieu la première étape de la Coupe de France des Marathon Roller à Lille: la Ch’Ti Roller.

En cette mi-mars, dans le Nord, on s’est beaucoup inquiété de la météo mais finalement la course à lieu sur une route sèche quasiment partout. Le temps était même plutôt printanier.

Mais revenons à la course proprement dite.

Sur la ligne de départ, un peu plus de 163 patineurs donc une belle brochette d’élites avec quelques champions du monde, d’Europe et de France – passés ou en titre. Devant ça va rouler fort, d’autant plus qu’il s’agit de la première course de la saison et que tout le monde va vouloir faire le point à la sortie de l’hiver.

Le circuit semble simple et plat. Sur la carte, c’est un simple rectangle de 2.3km de périmètre à faire 20 fois (soit un peu plus qu’un marathon de 42km):

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Par contre, c’est un vrai champ de patate, limite champ de bataille!!! On a droit à tout: trous, plaques d’égout et de télécom par tout à fait à niveau, rapiéçage barbare, graviers… même dans les virages! Un vrai parcourt du combattant dans lequel il va falloir slalomer et faisant attention à ses roues.

Le départ est donné avec 10~15 minutes de retard, et ça commence déjà mal à la sortie du premier virage (le pire en qualité) je suis enfermé dans un groupe peu rapide dans la plus mauvaise partie de la route pour rouler. Je slalome et accélère un bon coup: je double un camarade du PUC (Heiner) dans un peloton avec un nantais de l’ASTA (Pascal) et rattrape ensuite un autre PUCiste (Richard), il prend ma roue et je continue mon effort pour tenter de rejoindre encore un peloton à environ 20s devant, j’y ai reconnu la combi violette d’Alexandre. A ce moment, je me dit qu’à 3 on pourra faire une bonne course et on se relaye régulièrement. Mais Richard qui manque plusieurs fois de chuter et pris par des crampes: je décide de l’attendre car à 2 on sera toujours plus fort. Malheureusement dans le 3ème tour, il lâche et je me retrouve seul. J’apprends plus tard qu’il a alors fait la course dans le peloton d’Heiner.

Je continue donc seul… doublant de temps en temps des patineurs qui sont partis trop fort et explosent comme on dit. J’ai moi-même réduit le rythme et abandonner l’idée de rejoindre Alexandre pour ne pas exploser. Quelques patineurs que je rattrape se mettent dans ma roue, puis on se fait rattraper par le peloton de tête des femmes partie 2 minutes plus tard. Elles roulent au train et je me cale à quelques mètres derrière pour prendre leur rythme sans perturber leur course. Franchement, je me sens un peu mieux à ce moment là, avec un repère en vue pour tenir. Je tiens un gros tour et demi à ce rythme soudain… crampe !

J’ai le mollet droit paralysé et fait signe à mes suiveurs de passer sans m’attendre. Pendant un long moment, je me laisse juste rouler sans bouger pour décontracter ma jambe et repars doucement, vraiment doucement avant de reprendre tranquillement un rythme de croisière. J’en suis à environ un tiers de la course et toujours seul et Yann Guyader – en tête – m’a déjà doubler 3 fois et une deuxième crampe me reprend à l’autre mollet en plein virage croisé. Je me demande si je vas vraiment finir la course.

Je me remotive : pas question d’aller rouler à travers la Suède et la Norvège 60km par jour sur des routes inconnues, si je ne suis pas capable de finir ce marathon du combattant! Je sers les dents et j’avance, je perds totalement le compte de mes tours. Enfin, je fait rattraper par un peloton de mon niveau. Il y a notamment Pascal de l’ASTA et sais qu’on ai dans le même tour. Cool, je ne vais pas finir seul et les tours s’enchainent à bon rythme, mais je récupère un peu. Apparement, je ne suis pas le seul perdu dans le compte des tours: plusieurs personnes du peloton se pose à la question: « C’est le dernier tour ? il y en a encore un après ? »

Tout d’un coup, un patineur part seul devant: personne ne réagis… je décide avec un peu de retard d’aller le rattraper. J’ai suffisamment récupéré pour le rejoindre facilement. Me voyant arriver seul, il lève le pieds pour se placer dans mon aspiration jusqu’à 200 du dernier virage: il appuie sur le champignon pour le final. J’accélère aussi mais pas assez, je suis cramé. Passer la ligne d’arriver, j’ai quand même un doute sur le compte-tour et décide de dérouler sur le parcourt.

Effectivement, le peloton arrive un peu plus tard et je raccroche après avoir souffler un peu. Et ça repart pour le même scénario ou presque avec Nadia de Lyon: attaque, peloton devant à 2 et je reperds au sprint (tant pis on est pas dans le même classement). Bien, c’est enfin fini !!!

Je sais depuis la première crampes que j’ai fait une mauvaise course: mal placer sur la ligne, mauvais départ, mauvaise gestion de course, entraînement aléatoire. Je suis complètement passé à côté de la compétition. Je ne pensais pas qu’en même pas prendre une telle claque en voyant les résultats: je n’ai même pas atteins mon objectif (modeste) d’1h30 et je finis loin dans le classement. D’après la feuille de résultat, il me manquerais aussi un tour, mais là j’ai un sérieux doute…

Et dire que je suis engagé pour le Championnat de France Marathon dans 2 semaines à Pornichet… il va falloir que j’en mette un bon coup d’ici là!

5 réflexions au sujet de « Ch’Ti Roller 2011 – Récit d’une course ratée »

  1. Allez Pierrick, courage !
    Je suis sure qu’avec un entrainement sérieux (pas un sur-entrainement non plus!), cette expérience et l’envie de profiter du plaisir de la glisse, tu pourras donner le meilleur de toi-même à Pornichet !
    On est avec toi 🙂

  2. AH ben voila le contrendu, je comprends mieux pourquoi tu semblais pas trop content de ta course.
    c’est pas grave c’est la première faut se remettre en jambe
    la prochaine tu t’en sortira mieux et aura un beau classement.

  3. Avec les sensations que j’ai ces derniers jours, la course de Pornichet va être un massacre ! 😀
    Je me sens tout mou et je me rends compte qu’il me manque un truc important pour faire de la course: l’esprit de compétition. J’aime bien les défis, rouler vite, en baver un peu pour atteindre mon but… C’est comme ça que je trouve mon plaisir.
    Par contre, j’en ai rien à faire d’arrivée devant les autres et de me battre pour être devant et ça se ressent aussi à l’entrainement.

  4. Bon courage pour Pornichet mon grand…..

    Eh oui, c’est mon ainé et en suis fier.
    Il ne faut pas prendre ce résultat trop au pied de la lettre.
    Tu verras, Pornichet sera glorieux (t’as intérêt….non di diou).
    Bonne préparation pour la Suède et la Norvège.

    Bon courage donc

    Papa

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