Cyclotourisme dans Sud-Ouest : Toulouse – Bordeaux – Biarritz

C’est un beau tour que j’avais dans la tête depuis un long moment. Pour tout dire, c’est un projet qui date de 2010 et que je pensais faire en roller. Finalement, j’ai choisis le vélo.

Cette virée cyclo-touristique est particulièrement facile : au départ de Toulouse, il s’agit de suivre la Voie Verte des Deux Mers le long du Canal latéral de Garonne jusqu’à La Réole puis de rejoindre la Voie Verte Roger Lapébie via quelques petites routes de campagne. Cette dernière Voie Verte mènent directement à Bordeaux. De là, une autre Voie Verte rejoint le littorale à Lacanau Océan où on rejoint l’EuroVélo 1 ou véloroute de l’Atlantique qui longe toute la façade atlantique de l’Europe du Cap Nord (Norvège) au Cap Sagres (Portugal).

Il y a très peu de dénivelé et les difficulté sont anécdotiques. A peine quelques portions un peu plus circulantes, toujours courtes.

C’est aussi une bonne occasion de tester mon matériel prévu pour un futur voyage bien plus au nord, en Laponie… j’en reparlerais 😉

Premier jour : Toulouse – Valence d’Agen

Début des vacances : du sommeil à rattraper et un peu de mal à préparer mes affaires efficacement. Je ne pars que le dimanche en début d’après-midi (plutôt que le samedi).

Il fait beau, les oiseaux chantent, il y a peu de monde sur la piste, c’est très facile . Bref, j’avance bien sur cette portion que je connais déjà et j’atteins Valence d’Agen en fin d’après-midi. Juste à temps pour assister aux dernières courses de cette étape du Trophée des 3 Pistes. C’est une prestigieuse compétition de roller sur piste qui voit se rassembler les meilleurs patineurs mondiaux sur les pistes de Pibrac, Valence d’Agen puis Gujan Mestras chaque année pendant le week-end de Pâques. C’est l’occasion pour les athlètes de se mesurer à l’issue de la période hivernale.

A défaut de bivouac, je tombe sur un camping minimaliste mais accueillant juste à côté du complexe sportif : pour 3€ j’ai emplacement tranquille et plat, des sanitaires (douche chaude) et une table de camping. Bingo!

Second jour : Valence d’Agen – La Réole

Bon début de nuit, mais je me fais réveiller par le froid : le ciel nocturne bien dégagé s’accompagne d’un nette refroidissement et il gèle en fin de nuit. Je me suis quand même bien reposé et j’en tire une bonne leçon: pour la Laponie un duvet un poils plus chaud sera nécessaire ainsi qu’un matelas un peu plus isolant (j’ai bien senti le froid venir du sol).

Le soleil réchauffe rapidement l’atmosphère, sans compter le pédalage. J’arrive rapidement à Agen où je zone un moment pour découvrir un peu la ville. Mais en ce lundi de Pâques c’est désert. Je trouve quand même un boulanger ouvert pour un peu de pain frais puis pic-nique au bout de l’impressionnant pont canal qui enjambe la Garonne.

L’après-midi, comme la veille, les kilomètres défilent presque sans effort dans un cadre fort agréable : paysage campagnard du Sud-Ouest avec ses vieilles fermes, les écluses et leur anciennes maisons, les petits villages…

J’arrive en fin de journée à proximité de La Réole où je dois bifurquer pour rejoindre la piste Roger Lapébie. Il y a un camping municipal signalé à l’entrée, mais dommage, il est fermé. Tant pis, je trouve bientôt un site de bivouac bien tranquille en bord de Garonne sur un épais matelas d’herbes hautes.

Troisième jour : La Réole – Bordeaux

Deuxième nuit écourtée par le froid. Ce coup-ci, pas de soucis côté sol (tapis d’herbes), mais il gèle de nouveau et les herbes hautes sous les absides de la tente ont capté plein d’humidité et ont mouillé la toile intérieure qui a transmis cette eau à mon sac de couchage par contact. Résultat : un pont thermique et froid aux pieds. Je me suis quand même suffisamment reposé et je gagne un rappel (ne pas négliger le montage de la tente et bien tout tendre : la toile n’aurait pas dû touché le sac de couchage) et une leçon : bien aplatir les herbes hautes sous les absides.

De retour, sur le vélo je rejoins par les petites routes la bourgade de Sauveterre-de-Guyenne.  L’itinéraire proposé par le « Guide n°2 – Bordeaux-Toulouse à vélo en Gironde et le long du canal de Garonne«  est vraiment sympa (villages, paysages, vieux moulin à eaux…) et évite en grande partie les axes les plus circulants.

Petite visite de cette jolie cité, arrêt à la boulangerie et je suis de retour sur une Voie Verte : la Piste Roger Lapébie. En pleine rénovation, je profite d’un enrobé tout neuf et très roulant. C’est un vrai plaisir à parcourir cette piste à travers forêts et champs. Il y a aussi les anciennes gares désaffectée, souvent reconverties en maison ou en restaurant. Des passages en tranchées pour couper à travers les reliefs. C’est une ancienne voie de chemin de fer et les pentes ne dépassent pas 3,5%.

Plus surprenant : l’unique tunnel dispose d’un éclairage automatique. Les lampes s’allument au fur et à mesure de la progression et laissent voir les 10 prochains mètres mais pas plus loin.

Après une pause picnic et le séchage de ma tente et du duvet au soleil, je reprend la route et passe le point haut à Créon : à partir de là, c’est uniquement de la descente et du plat jusqu’à Bordeaux. En début d’après-midi je suis en ville et me pose à l’Auberge de Jeunesse avant de visiter un peu la cité girondine. Et elle vaut le détour! Dommage que l’AJ soit complète le lendemain, j’aurais bien passé une journée complète pour découvrir un peu plus la ville. Mention spéciale à son réseau cyclable, bien développé et assez cohérent (contrairement à Toulouse où la continuité cyclable est un concept qui n’a pas encore atteint les oreilles des décideurs).

Quatrième jour : Bordeaux – Lacanau – Le Grand Crohot

Le départ de Bordeaux est l’occasion d’une traversée tranquille et curieuse du centre ville et de quelques uns de ces plus beaux sites, comme la Place des Quinconces et son monuments des Girondins ou le grand Jardin Public. La voie verte démarre au nord de la ville depuis le Lac. Là, le parcourt se dirige plein ouest à travers la banlieue bordelaise.

Première observation, à l’exception de quelques chênes, les feuillus ont laissé place aux résineux et le paysage se transforme complètement. Une fois sortie de la périphérie urbaine, la piste cyclable est un enchaînement de loooooongues lignes droites et plates jusqu’à Lacanau. Entre la ville et son satellite littoral, on contourne un lac et quelques collines (anciennes dunes dune de sable colonisées par la forêt?) qui rompent la monotonie.

A l’entrée de Lacanau-Océan, la voie verte croise l’Eurovélo 1 ou Vélodyssée (pour le tronçon français) c’est le moment de prendre plein sud en suivant le plus moins près la bande côtière. Un petit détour jusqu’à la plage s’impose quand même pour voir enfin l’Atlantique.

Je suis donc l’itinéraire de la Vélodyssée  dans la forêt. C’est plus ludique que la piste Bordeaux-Lacanau : les petites bosses s’enchaînent tandis que le ruban d’asphalte serpente entre les arbres. Je commence à chercher un endroit calme pour passer la nuit. Finalement, j’atteins le parking du Grand Crohot en fin d’après-midi et profite des tables de picnic pour mon repas du soir.

Cinquième jour : Grand Crohot – Bassin d’Arcachon – Contis

Je me lève à la fraîche pour être à l’heure pour le bateau à Cap Ferret. Je n’ai pas spécialement envie de faire les 60km qui contournent le bassin d’Arcachon à travers un chapelé presque ininterrompu de villes. Le bateau entre Cap Ferret et Arcachon est une alternative bien plus séduisante : le trajet offre une vue différente sur le bassin d’Arcachon et surtout la Dune du Pilat. Franchement, je ne regrette pas ce choix, d’autant que les vélos sont admis à bord moyennant un supplément honnête.

A Arcachon, ma première mission est de trouver de l’eau pour la suite. Ça aurait était un détail si les nombreux robinets disponibles le long de la plage n’étaient encore coupés pour l’hiver aussi tôt dans la saison. Finalement, c’est un loueur de vélo qui m’indique un point d’eau sur des toilettes publiques  entre la plage des Mouleau et l’Église Notre Dame-des-Passes (merci à lui!).

Je reprend ma route vers le Sud et la Dune (oui avec une masjuscule pour celle-là). La piste cyclable est belle mais devient plus vallonnée, ce qui offre régulièrement de belles vues dégagées tantôt vers le cordon  littoral, tantôt vers l’immense forêt des Landes. La Dune du Pilat est très facile à identifier : elle domine largement le paysage avec ses escaliers qui facilitent son ascension sur sa face continentale.

Plus au sud, la Vélodyssée s’éloigne du littoral au niveau de Biscarosse en raison d’une grande zone militaire. Entre Biscarosse-Plage et Biscarrosse-Ville, il y a une portion bien vallonnée avec des pentes à 10% (annoncés par des panneaux) heureusement courtes, mais très ludiques et plaisantes dans la forêt. Ensuite, j’ai trouvé le parcourt entre la ville et Mimizan, au sud de la zone militaire très longue, monotone et inintéressante, souvent à proximité immédiate de route très circulante. La fatigue a peut-être aussi jouer sur et impression négative. J’ai pris mon mal en patience…

Enfin, on reprend la piste en forêt proche du littorale et bien plus agréable. Je croise aussi aussi deux cyclo-surfeurs qui me renseigne sur les possibilité de bivouac : c’est formellement interdit sous peine de forte amende… du coup je pousse jusqu’au Contis et son camping (un peu cher par rapport à ce dont j’ai besoin). Tant pis… au moins, j’ai droit à une douche et un emplacement tranquille en bordure du courant et sur un sol sableux (un peu galère pour les sardines de la tente…).

Quelques gouttes de pluies dans la nuit…

Sixième jour : Contis – Biarritz

J’ai réservé un lit à l’auberge de jeunesse de Biarritz, il faut donc que je fasse le trajet dans la journée et si possible arrivé vers 18h. Je me met un peu la pression et appuie sur les pédales… un peu pour rien au final, j’avais sur-estimé la distance et arrive à Cap Breton pour le déjeuné. Puis à Bayonne en début d’après-midi.

A propos de l’arrivée à Bayonne : c’est probablement le plus gros point noir de l’ensemble du voyage avec un itinéraire qui devient chaotique sur des routes circulantes à Boucau. Et la Vélodyssée s’interrompt brutalement dans une zone industriel sur une départementale pleine de poids lourds pressés avec un panneau laconique « Fin de l’itinéraire aménagé » (ou un truc du genre). Le calvaire prend fin un peu plus loin à l’arrivée dans Bayonne.

Je conseille de faire un tour dans le centre ville, voire de rester une journée sur place pour découvrir cette belle ville. Ce que j’ai fais en deux fois : cet après-midi là, vue que j’avais un peu de temps avant d’arriver à Biarritz et quelques jour plus tard, en attendant le train du retour.

Entre Bayonne et Biarritz, on revient sur une piste cyclable bien aménagée qui longe l’estuaire de l’Adour et de la Nive puis le littoral à partir d’Anglet jusqu’à la Cité de la Mer à Biarritz (et plus loin si vous le voulez !) et passant par de nombreuses plages, notamment la Grande Plage de Biarritz avec son casino et ses surfeurs, le Rocher de la Vierge, le Phare… il y a de quoi admirer tranquillement.

Au niveau de la Cité de l’Océan, on peut rejoindre l’Auberge de Jeunesse par le Lac Mourisquot.

La suite

Biarritz vaut le coup de rester un ou deux jours, ce que j’ai fait pour profiter un peu de ces vacances tranquillement. J’ai mis le vélo de côté pour visiter et flâner un peu. J’ai bien apprécié la visite de la Cité de l’Océan et le pub « La Tireuse » (pas de besoin d’explication 😉 ) dans le centre ville, entre autre…

Toulouse-Bordeaux-Biarritz (fichier GPX)

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